Claude Nori écrivait que "ses images procèdent de la fugue musicale, d'une variation sur le même thème, celui du corps de la femme dont le mouvement devient danse sensuelle et espace imaginaire". Une approche marquée par la danse en effet, très tôt apparue au photographe comme un langage qui aurait besoin d'une grammaire visuelle pour être mieux compris. Depuis, toujours son regard se plaît à accompagner le mouvement du corps plutôt qu'à le figer. A l'arrêt sur image, il préfère la fluidité. Comme si le propos - et la magie - de l'image n'était pas de retenir la grâce de l'instant dans une tentative désespérée d'arrêter le temps, mais plutôt de donner à voir ce temps qui passe dans la photo.
Partant, la démarche de Bruno Baudry devient aussi l'aventure d'un regard qui finalement cherche la traversée des apparences. Le mouvement toujours suggéré parce que la vie s'y danse, les contours imprécis où ombre et lumière se cherchent, la neutralité d'un décor souvent avare de repères, contribuent à l'écriture d'histoires qui s'inventent à partir des éléments de l'image, laissent entrevoir ce qui a pu précéder et ce qui pourrait arriver... Comme une invitation au voyage.
Photographe, mais aussi consultant et chargé de projets photographiques, Bruno Baudry reste avant tout un passionné, avec un parcours qui l'a encore emmené vers la communication de l'image. Il développe un travail photographique "construit sur l'éphémère, tissé d'incertitude", dont le charme et la force puisent dans cette perpétuelle interrogation.