Les appareils photos sont conçus pour donner de bons résultats en mode automatique ou en modes programmés. Passer aux réglages manuels, c'est intervenir sur les paramètres d'une photo, et ajouter sa créativité à une prise de vue.
Prendre la main sur les paramètres de base
Pourquoi agir sur la vitesse d’obturation, l’ouverture ou la mise au point ?
Les boîtiers actuels intègrent en effet les réglages correspondant à des milliers de prises de vue. Et dans 80 % des cas, il suffit de soigner son cadrage pour obtenir à coup sûr une bonne photo.
Reste les situations - fort contre-jour, macrophoto ou éclairage de studio par exemple -, qui obligent à "débrayer" en mode manuel.
Régler soi-même ces trois paramètres de base permet aussi de s’affranchir des automatismes pour explorer des pistes, faire des essais et exprimer sa créativité !

En choisissant une vitesse élevée (jusqu’au 1/8000e s !) vous pouvez arrêter le mouvement d’un sportif, ou réaliser un portrait avec une faible profondeur de champ. Une vitesse d’exposition lente (1/15e s et en dessous), donne la possibilité de photographier en basses lumières, ou de donner du flou aux personnages en mouvement...
C’est le paramètre qui intervient directement sur la quantité de lumière et indirectement sur la profondeur de champ. Avec le diaphragme réglé à pleine ouverture (f2.8 et en dessous), vous réaliserez des portraits qui se détachent du fond (1). A l’inverse, une faible ouverture (f16 et au-delà) apporte une grande profondeur de champ (2), idéale pour le paysage.


En débrayant la mise au point, choisissez de rendre nette ou floue telle ou telle partie de vos cadrages. Par exemple garder flou un premier plan - visage, objet - pour privilégier l’arrière-plan. Attention de bien contrôler votre profondeur de champ, en agissant sur l’ouverture, avant de déclencher.
Apporter sa touche de créativité
Gardez en tête cette règle de base : vitesse, diaphragme et mise au point interagissent. Le couple vitesse/diaphragme et la mise au point manuelle offrent une infinité de combinaisons.
A vous de déterminer la plus adaptée à une prise de vue, et de choisir délibérément un réglage original, en intervenant notamment sur la sensibilité et la balance des blancs.

En théorie, la sensibilité de l’appareil photo correspond à l’éclairage d’une scène : en plein soleil, on reste en 100 Iso, et plus la lumière diminue et plus il faut augmenter la sensibilité.
Il est tout à fait possible de faire le contraire en choisissant par exemple un réglage à 800 ou 1600 Iso pour ajouter délibérément du grain à ses images, ou au contraire de photographier à 100 Iso (en utilisant un trépied pour éviter de bouger) en basses lumières.
Avec les appareils photo, compacts ou reflex numériques, il est facile d'adapter la balance des blancs à l’éclairage ambiant : plein jour, fluorescent... Vous pouvez aussi apporter votre touche personnelle. Deux possibilités :

Régler un flash manuellement permet de multiplier les essais pour trouver l’exposition parfaite.
Les flashes pour appareils reflex disposent d’un correcteur d’exposition gradué en IL, et il suffit de modifier la puissance (+ 2 IL) pour créer par exemple un effet irréel.
Une autre solution créative consiste à ajouter sur le réflecteur du flash un diffuseur, calque ou tissu blanc, pour obtenir un éclairage plus diffus, ou des filtres colorés pour des effets spéciaux !
Régler la synchro flash sur une vitesse lente, ou cumuler les éclairs de flash en pose longue ("openflash"), se révèle aussi intéressant. A tester également, le mode synchro "au deuxième rideau", disponible sur les flashes des boîtiers reflex, qui fige le mouvement d’un sujet.