La photo infrarouge créé un univers unique. On y découvre des images irréelles prises dans le spectre lumineux invisible pour nos yeux. Avec un peu de technique et de nombreux essais, ces images aux tons ultra contrastés sont accessibles en argentique comme en numérique.
Des images irréelles, argentiques ou numériques
Deux techniques envisageables pour réaliser des photos infrarouge : à la prise de vue et en postproduction. Si cette dernière nécessite une bonne maîtrise de Photoshop, il suffit à la prise de vue d'un filtre infrarouge :

Avec un filtre infrarouge, vous enregistrez une lumière particulière, qui se situe au-delà du spectre lumineux visible. Le résultat obtenu est souvent de l'ordre du surnaturel, avec les éléments clairs apparaissant en foncé et inversement.
Outre cette inversion des tons, certains éléments (l'eau, les étoffes...), apparaissent comme transparents.
Tous les sujets ne se prêtent pas à l'infrarouge. Cette technique fonctionne bien lorsque de grandes plages vertes ou bleues sont cadrées.

Attention : les prises de vues en mode infrarouge, du fait du filtre placé devant l'objectif de votre appareil, nécessitent des temps de pause d'une demi-seconde à plusieurs secondes. Donc les sujets en mouvement sont à proscrire. Les matières idéales pour réussir des effets étonnants sont :
La technique de base : un filtre + un logiciel de retouche
Pour obtenir ces effets, il suffit de placer un filtre infrarouge (R72 ou équivalent) devant l'objectif de votre appareil. Il en existe des plus ou moins sélectifs, en verre ou en plastique. Un porte-filtre convient également.
Fujifilm propose une autre solution : des fonctions dédiées à l'infrarouge.

En mode infrarouge, la durée d'exposition varie énormément, selon la quantité d'infrarouges enregistrée (plus élevée en plein soleil que par temps gris), mais aussi du filtre utilisé - plus ou moins sélectif - et du capteur de l'appareil photo.
Ne vous fiez pas aux automatismes de votre appareil. Une bonne méthode consiste à effectuer une mise au point manuelle sans le filtre, avant de placer ce dernier sur l'objectif et à tester plusieurs temps de poses (10 sec à f16, 2 sec à f5.6, 1 sec à f.4, par exemple). En argentique, vous devez utiliser, en plus du filtre, un film spécial infrarouge, mais la méthode de prise de vue reste identique.
L'image obtenue à la prise de vue est généralement colorée. L'intervention principale en post-traitement vise à inverser le rouge et le bleu, et à obtenir une couleur de ciel orangé assez sombre. Voici comment :

Bien entendu, vous pouvez jouer sur les couleurs et la luminosité. De nombreux photographes "infrarouges" préfèrent convertir leurs images en noir et blanc, pour des effets qui ressemblent à ceux d'un filtre jaune, mais avec des contrastes plus saisissants.