"Photographier les chorégraphies comme de la mode", c'est le parti pris de Laurent Paillier, représenté par l'agence Enguerand.
"La passion de la danse me vient d'une exposition sur Carolyn Carlson, quand j'étais enfant... Plus tard, lorsque j'ai terminé mon école de photo, je me suis tout de suite orienté vers le spectacle de danse." La recherche du geste unique et pur est à la base de la motivation du chorégraphe. C'est le même état d'esprit que partage le photographe, qui cherche lui à figer les corps dans le mouvement.
Le plus souvent, Laurent Paillier travaille lors des générales, dans l'urgence.
Depuis une quinzaine d'années, il photographie les danseurs pour les magazines, les théâtres et les compagnies elles-mêmes. "Un travail assez technique car les conditions souvent extrêmes obligent à photographier à pleine ouverture et en vitesses lentes, avec des focales comprises entre 50 et 400 mm."
Laurent Paillier shoote ses images au format Raw, pour bénéficier de la plus large palette d'exposition. "L'image de danse est pour moi un peu comme de la mode sur scène, et comme en studio c'est la lumière qui met en valeur les corps." Chaque prise de vue nécessite deux à trois heures de post-production.
Laurent Paillier a collaboré avec les grands chorégraphes contemporains. Il avoue une attirance pour "le côté perturbateur et dérangeant" de certains, tels Jan Fabre ou Marco Berretini. "Des créateurs d'univers qui font réagir et naître de belles images".