Xavier Zimbardo

Passionné par les jeux de lumière et la mise en forme, Xavier Zimbardo est un photographe poétique. Amoureux des couleurs, il travaille ses clichés au-delà de la représentation, à la recherche d'une beauté "vraie".

Lumière et mise en forme

Au-delà des amis que je pouvais photographier, je me suis très vite préoccupé de la lumière, de la forme et du mouvement. C'est ce qui m'intéresse principalement dans la photographie. C'est-à-dire la mise en forme, au-delà de l'anecdote, qui fait la différence entre une bonne photo et une photo qui simplement représente, qui est documentaire.

Je trouve que la couleur, c'est très difficile. La photo en couleur est souvent brute de forme, elle est très proche de ce que l'on est habitué à voir. Donc, pour arriver à aller au-delà, c'est plus difficile. Il faut apprendre à voir vraiment et à composer avec les couleurs. On a un élément en plus à prendre en compte ; quand on photographie en couleur, il faut aller la chercher.

Les couleurs de l'Inde

En Inde, la couleur illumine par sa variété. En ville ou à la campagne, quand on voit passer ces gens avec leurs parures magnifiques, ça met du soleil, ça met de la joie. Cela donne de l'enthousiasme et de la force, du bonheur. Donc j'aime l'Inde pour ça, parce qu'elle donne du bonheur, elle donne de la joie.

Prise de vue et post-production

Avant, quand on travaillait en diapositives par exemple, il fallait être extrêmement précis sur sa lumière. Si on se trompait d'un diaphragme, la photo était brûlée. On allait même plutôt vers les basses lumières, de façon à conserver les éléments. Et puis, on pouvait saturer un petit peu les couleurs en sous-exposant. Aujourd'hui, on va pouvoir à la fois sous-exposer, surexposer, etc. Surexposer certaines parties, pour faire venir des détails dans les ombres ; sous-exposer d'autres parties, pour par exemple certaines photographies d'intérieur où on a parfois des lumières douces, des bougies ou des vitraux, etc. qui n'auraient pas pu apparaître auparavant. On parvient à les faire apparaître grâce au travail de post-production. On peut aussi véritablement créer soi-même des zones d'ombre ou des zones de lumière grâce au système des calques.

Une vision philosophique de la photo

Il ne faut pas se prendre au sérieux, mais il faut prendre au sérieux ce que l'on fait. La photographie est un moyen de progresser, c'est un moyen de développement personnel et d'initiation à l'attention, à la respiration. C'est un art de vivre et, si l'on veut bien le faire, il faut évidemment le faire avec exigence. Je le fais avec légèreté et gravité à la fois, parce que derrière cette pratique de l'art photographique, ce que je cherche c'est la beauté, la bonté et la vérité.

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